Bar du Temps Machine, décoré de ballons.

Au Temps Machine

Récemment Gonzai a posté un entretien sur le Temps Machine. L’article est intéressant de bout en bout, mais il y a une partie qui m’a particulièrement interpellée.

Fred Landier, programmateur de la salle, y parle de ses choix de programmation:

On est souvent attaqué sur une histoire (fantasmée) de programmation pointue, élitiste, bobo-ultra gauche tout ce que tu veux… Alors qu’on a toujours considéré que l’argent public devait servir à défendre l’art non-rentable. A partir de là, on a essayé de faire la différence entre la culture commerciale et la culture underground. En essayant de défendre la culture underground, de ne pas faire profiter de l’argent à de gros tourneurs ou des gros groupes qui, quoi qu’il arrive, se font de l’argent dans des concerts. On reste persuadé qu’on défend une mission de service public, même si ça peut paraître un peu paradoxal avec un esprit rock’n’roll.

Oui, c’est de la musique, de l’art, du spectacle, mais ça ne marche pas (seulement) à la sueur et par bonne volonté. Il y a bien une logique économique derrière, mais elle n’est pas là pour se servir elle-même, elle doit servir la démarche artistique. Je n’y avais jamais pensé comme du service public avant. J’avoue que pour moi aussi, c’est plus sympa que la piscine.

Alors que je suis très souvent au Temps Machine, je suis loin de connaître tous les artistes à l’affiche. Pour les plus méfiants, je conseille tout simplement de mettre la main sur les petits fascicules de la salle et de se familiariser avec la programmation. Une fois intrigué par les textes (et ils sont intriguants: “une fanfare de zombies défoncés au carnaval de Rio” pour Fumaça Preta, le 13 février), on tape le nom sur Google, comme quand on cherche la bande annonce de son film. C’est qu’on va pas nous mâcher tout le travail non plus ! On se renseigne, mais surtout on fait confiance et on saute. Il y a des chansons qui s’écoutent mal tout seul sur son canapé, qui ont besoin de l’énergie de la scène. Aller voir les artistes en live peut transformer l’expérience qu’on fait de leur musique et être très surprenant.

Je ne vous demande pas de croire que toute la programmation va plaire à tout le monde. Personne n’est aussi bon public ! C’est parce que l’ambiance peut radicalement changer entre deux dates, qu’au final il y en a pour tous types de passionnés. Sur la programmation Janvier/Février en particulier, on assiste à un événement après l’autre. Rap, rock psyché, electro, garage, cold wave, metal… Dans le public, des visages familiers et plein de curieux.

Pour en revenir à la scène et à l’importance du live, voilà une petite vidéo qui date de l’année dernière mais qui me rappelle la prestation de Pneu il y a quelques semaines. Je les voyais pour la première fois et même si je n’écouterais pas ça tous les jours (beaucoup le font pour moi, pas de problèmes), ça reste une expérience live inoubliable. Il y a quelques temps, j’y serais sûrement pas allée à l’aveugle, je crois que le Temps Machine me déteint dessus. Terminons donc sur ces deux gladiateurs. Are you not entertained ?

 

Tout l’agenda du Temps Machine est disponible sur leur site officiel.

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