Château de Tours et affiche pour l'exposition Pierre de Fenoÿl

Compte-rendu : l’exposition Pierre de Fenoÿl

Mini biographie : Pierre de Fenoyl (1945-1987) – photographe français, premier directeur de la Fondation nationale de la Photographie, conseiller pour la photographie au Centre Pompidou.

“Une géographie imaginaire” se tient dans la lignée des autres expositions du Jeu de Paumes au château. En apparence, il s’agit de l’oeuvre d’un autre photographe qui fait du photojournalisme et de la photo de rue à l’époque Magnum. Mais la particularité du travail de Pierre de Fenoÿl explorée par l’exposition est sa photographie de paysages. Les premières photos qui m’ont intriguées sont celles d’un Paris vide et fantomatique. Les paysages urbains comme la campagne se vident, mais présentent quand même des scènes denses et contrastées.

Dans la salle vidéo, on trouve l’extrait de l’émission de radio La Nuit Sur Un Plateau où y est discuté l’influence de Fenoÿl sur la culture photographique française dans les années 70 : son travail afin qu’elle s’ouvre au grand public et que le musée s’ouvre à elle. La perception de la photographie allait changer, ce n’était plus seulement un outils journalistique mais un art.

A l'intérieur du château pour l'exposition Pierre de Fenoÿl

Ce qui est drôle est que la vidéo suivante vient s’opposer à cette dernière phrase. Bien qu’il l’ai défendu au musée, Fenoÿl avait du mal à reconnaître la photographie comme un art car il ne produit pas les scènes qu’il prend en photo. La majorité de ses clichés n’ont pas de titres, comme pour rappeler qu’elles ne sont qu’une fenêtre sur la scène.

« On ne prend pas une photographie, elle nous est donnée.”

L’exposition continue d’élaborer sur ce point en proposant l’écoute d’un autre extrait où le photographie s’explique en personne. Fenoÿl ne pense pas qu’il est un créateur, il se voit comme un récepteur qui cherche la meilleure façon de recevoir l’information donnée. Mais sa réception est tout sauf hasardeuse, il y a du savoir-faire, du calcul, de la recherche derrière ses photos. Par exemple, il parle de deviner si l’harmonie des couleurs fonctionnera en noir et blanc.

« La photographie est l’apparition ou disparition d’un temps qui nous dépasse.”

Pierre de Fenoÿl perçoit ces photographies comme des invitations plus que des strictes représentations. Son objectif est que l’image rappelle une expérience personnelle à celui qui la regarde, avant même qu’il cherche à l’analyser. C’est un objet méditatif, une icône. (Et pas juste une icone, attention. Pierce ? Cours de communication, des souvenirs ?).

Ça m’a particulièrement interpellé car la plupart du temps sur ce blog je poste des photos où il n’y a personne dans le cadre. Je sais qu’elles vont me rappeler pourquoi j’étais là mais toucher différemment les personnes qui vont les voir. De temps en temps, je laisse une personne s’aventurer dans le cadre, mais de dos, cachée, c’est rarement le sujet de l’image en elle-même. Cette présence va rajouter un point de vue différent, celui de l’acteur peut-être. Alors que d’autres fois je laisse mon ombre, qui renforce une lecture de spectateur. (Je suis allée chercher des exemples sur Instagram.) Enfin bref, j’ai trouvé ça inspirant !

Comme d’habitude, l’exposition se termine par un espace éducatif avec des ouvrages sur la photographie et l’oeuvre de Fenoÿl. L’exposition se tient au château de Tours jusqu’au 31 octobre 2015. Allez y faire un tour ! Pour plus d’informations sur Pierre de Fenoÿl et cette exposition précise, je vous conseille d’aller consulter le site web du Jeu de Paumes.

On va finir par cette dernière citation :

« Aimer la photographie est devenir visionnaire de ses futurs souvenirs.”

Cette idée semble évidente, mais c’était d’autant plus intéressant d’écouter le photographe l’approfondir. Et par la même occasion de regarder de quoi étaient faits ses souvenirs.

 

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