Façade de néons bleus, CCC

Compte rendu: L’Exposition « Walking On The Light »

 

« Walking On The Light » est une exposition de l’artiste Mounir Fatmi qui réunit plusieurs de ses oeuvres sur les thèmes de l’altérité et du langage.

Ça fait plusieurs mois que je reporte cette visite, mais c’est la fin de l’année et il reste peu de temps pour cocher une autre expérience sur la liste 2014. L’exposition à lieu au Centre de Création Contemporaine, et si vous ne faites pas de résolution de fin d’année comme moi, vous pourrez toujours y passer en janvier. D’ailleurs, c’est vraiment dommage que le CCC soit planqué dans cette petite rue, parce que cette façade mériterait d’être vue plus souvent !

Malheureusement, je n’ai pas accroché au travail de Mounir Fatmi. Dans le cas de n’importe quelle oeuvre, je pense que le pourquoi est souvent plus pertinent que le “j’aime” ou “j’aime pas”, donc voici mon pourquoi ! Le fait que je ne sois pas touché par ses influences diminue forcément mon appréciation de ses oeuvres. L’une d’entre elle est John Howard Griffin, auteur du livre “Black Like Me”, qui s’était coloré la peau afin de faire l’expérience de la vie d’un afro-américain durant la ségrégation. Son livre a ses fans et ses détracteurs. Personnellement, je pense que pour une exploration de l’altérité, c’est manquer de beaucoup d’empathie de croire qu’on peut comprendre l’autre qu’en le parodiant. La démarche est sensationnaliste, mais ne crée rien de nouveau. C’est comme si je partais en Suède pour faire l’annonce qu’il fait froid. Beaucoup l’ont déjà dit, et si je voulais cette information j’aurais pu mettre leurs voix en valeur au lieu de ma propre personne. Au final, je trouve cette expérience très simpliste, et la représentation qu’en fait Fatmi par sa série d’images s’assombrissant peu à peu également.

Ce n’est évidement pas la seule chose que l’artiste propose dans cette exposition. Il y a de nombreuses pièces différentes: Des photos, des vidéos, des installations… Je ne vais pas toutes les mentionner avec une note ma propre d’appréciation personnelle, juste un dernier exemple. Sur “Mehr Licht”, une sorte de fleur de photocopieuses, le public est invité à tenter de photocopier ces néons. Évidement l’image est illisible, et c’est une réflexion sur la capture de l’insaisissable. J’aime l’interaction, mais il y a un niveau d’émotion inexistant qui s’en dégage. Je comprend où veut en venir l’artiste, je dis merci beaucoup, et je passe mon chemin.

Il y a bien une oeuvre que j’ai appréciée. “Le Paradoxe” est une machine à moteur faisant tourné une roue en acier, dans laquelle ont été découpées des lettres de calligraphie arabe. Dans un petit documentaire aussi diffusé au CCC, Fatmi parle du pouvoir du langage, qui est représenté ici par cette roue dentée. On note aussi que la machine tourne à vide, et les lettres gisent sur le sol. C’est l’installation la plus dynamique. Elle est placée au milieu de la pièce, on peut s’approcher, tourner autour. Elle fonctionne en trois dimension, mais aussi comme un dessin crée par l’ombre au sol. C’est ce que je retiendrai de cette exposition.

Au final, j’ai finis par être tout aussi intriguée par le lieu en lui même et son décor brut. Sachant que Fatmi utilise des néons dans ses installations, pas seulement sur “Mehr Licht”, ceux du plafond font comme partie de l’exposition. Celle-ci se tient au CCC jusqu’au 18 janvier, vous avez jusqu’à cette date pour vous faire votre propre avis.

(Le nom de chaque pièce est sur sa photo correspondante.)

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